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À six ans et originaire de Bermeo, il s’est déplacé à Axpoandi. L’illustre et vétuste cale qui répond à ce nom a observé, impassible, comment tous les habitants du village côtier ont appris à nager entre ses rochers. Aujourd’hui, Axpoandi a donné son nom aux douze mètres de long qui dessinent le voilier de Matxitxako Nautika, l’entreprise d’Andoni Uriarte spécialisée dans les traversées à la voile.
Cet homme de 44 ans, originaire de Bermeo et informaticien de profession, s’est rendu compte il y a longtemps que son destin l’attendait au-delà des rochers. Ce n’est pas sans raison, le salpêtre est présent dans sa famille depuis toujours. Preuve en est le grand-père Uriarte, capitaine de la marine marchande, qui a créé une usine de moteurs marins. Son père a également contribué à l’histoire de la famille avec une conserverie et son frère aîné est architecte naval. Avec un tel arbre généalogique, rien d’étonnant à ce qu’Andoni ait fini par échanger son entreprise informatique pour Matxitxako Nautika.
C’était il y a plus de vingt ans lorsqu’un de ses frères a ramené à Bermeo un voilier classique en bois fabriqué en 1930. « Au début, tout a commencé comme un hobby, mais peu à peu l’idée a pris forme dans ma tête. Lorsque les travaux du port de plaisance ont commencé, j’ai clairement vu l’opportunité ». Ainsi avec sa femme, il a demandé une jetée et a acheté un bateau plus moderne. Aujourd’hui, il admet avoir gagné au change. « Je préfère la mer plutôt que d'être enfermé entre quatre murs. L'activité est plus enrichissante, d’autant plus qu’on travaille avec des gens qui viennent pour s’amuser et profiter de leur temps de loisir ». En effet, s’ouvrir un chemin à travers la masse liquide avec le vent comme seul allié est « une sensation indescriptible ». Une expérience pour laquelle Andoni recommande « d’oublier le stress avant de monter à bord. À une époque stressante comme la nôtre, retrouver une expérience capable de nous apaiser... C'est très agréable ». C’est une pratique qu'il vaut mieux, selon Uriarte, partager à deux. « Il est presque obligatoire d’être accompagné, c’est la manière dont on en profite le plus. En solo, c'est une pratique très extrême ».
Malgré cette sensation de tranquillité généralisée, la mer, traîtresse parmi les traîtresses, lui a fait peur en plus d’une occasion, « surtout au début, lorsqu’on a moins d’expérience. Une fois le vent nous a déchiré la voile et nous sommes restés au milieu de la mer Cantabrique sans moyen de communication. Finalement, ils sont venus nous secourir ». C’est pour cela qu’Andoni recommande de « ne rien faire dont vous n’êtes pas certain, rien que vous ne puissiez pas contrôler ». En outre, cet originaire de Bermeo souligne que pour commander un voilier il faut « surtout aimer cette activité, et ensuite être un peu habile et prévoyant pour déterminer à l’avance la direction du vent et l’influence de ses turbulences sur le bateau ». À part cela, ni l’âge, ni l’argent ne représentent une restriction. « Nous avons navigué avec des enfants de 5 ans et des retraités de 80 ans. Il suffit d’aimer. De plus, ce n’est pas aussi cher que les gens le pensent. 130 euros par personne suffisent pour passer trois jours et deux nuits en haute mer ».
Matxitxako Nautika possède deux produits phare. En plus du week-end, il est possible profiter d'une traversée d'une seule journée à Bermeo, San Juan de Gaztelugatxe, Izaro ou Elantxobe. Malgré le fait d’avoir navigué sur la moitié du globe, Uriarte n'a pas de doute au moment de choisir, pour lui l’une de ses routes préférées est : la côte Basque, unique en son genre, et plus précisément la zone dans laquelle nous nous trouvons. Il n’empêche que « la côte atlantique est impressionnante et la route du sel en Méditerranée est une merveille ».
Il veut continuer à sillonner les mers pendant longtemps à coups de gouvernail, c’est pourquoi il prévoit d’acheter un deuxième bateau. En plus, au plus tard l'été prochain, il prévoit de fonder une école de voile pour des élèves à partir de 10 ans et pour des embarcations légères. À pleines voiles.
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